L’amandier
1 – Origine de l’amandier
Originaire des montagnes d’Asie occidentale et du nord de l’Afrique, il est cultivé depuis 5000 ou 6000 ans en Iran. Il a été introduit en Europe par les Grecs quelques siècles avant Jésus- Christ et ce n’est qu’au Moyen Age que l’amandier fait son apparition en France.
Jusqu’à une époque récente, l’amandier était cultivé par semis ; le greffage, c’est-à-dire la reproduction non sexuée, ne date que du XIXe siècle. Ce mode de reproduction a donné des populations géographiques aux caractères fluctuants et explique le flou des anciennes descriptions.
Il figure parmi les plus anciennes cultures de la région méditerranéenne. Il est cultivé traditionnellement dans tous le basin méditerranéen.
En France son berceau d’adaptation, dans tout le littoral, s’étend à la zone des coteaux et celle des alluvions anciennes où, à la faveur d’un climat favorable, il ne se trouve pas trop souvent contrarié dans sa fructification.
Autrefois c’était l’espèce fruitière la plus cultivée dans le Sud-Est de la France et plus particulièrement en Corse.
L’amandier est un des symboles de l’amour et de la virginité : les fleurs paraissant bien avant les feuilles, chaque rameau se voile alors complètement de blanc, évoquant ainsi une robe de mariée.
2 – Botanique de l’amandier
L’amandier (Prunus amygdalus) est un arbre de la famille des rosacés dont les fleurs d’un blanc rosé, apparaissent avant les feuilles. C’est le premier arbre fruitier à fleurir à la fin de l’hiver une période où il gèle encore le matin.
Parmi les 28 genres que comprend la famille des rosacées, le genre prunus est sans doute le plus important avec près de 430 espèces. Autrefois du genre Amygdalus commuais, l’amandier cultivé est désormais classé Prunus dulcis, mais nous avons tenu à garder le genre amygdalus car le rattacher au genre Prunus dulcis semble prêter à confusion étant donné que l’amandier comprend des variétés douces et amères.
On le classe souvent en deux groupes : Amandiers amers ou Amandiers doux, qui peuvent eux- mêmes se subdiviser en Amandiers à coque dure, à coque demi- dure, à coque tendre, à coque fine.
Les amandiers à coque dure et demi dure sont bien rustiques, ils sont susceptibles d’assurer des rendements plus convenables et doivent représenter une base dans une plantation équilibrée.
Les amandiers à coque tendre se montrent un peu moins rustiques.
Leurs fruits, moins bien protégés par une coque qui manque de résistance, se défendent moins bien contre les attaques de certains parasites.
Enfin la valeur gustative de l’amande est moins bien élevée.
Les amandiers à coque fine possèdent les mêmes caractéristiques culturales que les amandiers à coque tendre. Leur coque se brise très facilement avec les doigts. Ils sont plus sensibles à l’action des gelées et aux parasites, ils sont moins productifs.
3 – Culture et entretien de l’amandier
Climat
C’est par excellence l’arbre des climats chauds, secs et ensoleillés. La majeure partie des variétés supporte convenablement les vents puissants et secs comme le mistral ou le sirocco.
Il craint les gelées à la floraison (février – mars en métropole) à des températures de l’ordre de -2°C à – 3°C, et à la fructification à des températures ne dépassant pas -1 °C.
On lui réservera les situations abritées des vents froids. Il craint l’humidité atmosphérique et préfère une atmosphère plutôt sèche que fraîche. Il est très résistant à la sécheresse (minimum pluviométrique : 200mm, (250 à 300mm sont suffisants).
A basse altitude, il est préférable de le mettre au Nord ce qui retarde la floraison et évite les gelées. Il ne fructifie régulièrement qu’au dessous de 550 m d’altitude; plus haut, il ne donne des récoltes satisfaisantes que dans des expositions particulièrement privilégiées. Au dessus de 800m, il est préconisé de choisir des variétés à coque dure.
Sol
C’est vraiment l’espèce la moins exigeante dans ce domaine.
Il se développe très bien avec succès dans des sols les plus ingrats (secs, pauvres en humus, calcaires, caillouteux…) mais dans ces conditions il préfère les sols profonds et perméables donc peu argileux. Les substrats sableux lui conviennent également.
C’est l’espèce qui résiste le mieux au calcaire car sa présence assure la lignification du bois et des récoltes importantes et de qualité, ceci sous réserve que le dosage en calcaire assimilable ne soit pas trop élevé.
Les sols dont le ph est de l’ordre de 8 à 9 semblent lui être les plus favorables. Il craint l’argile (25% d’argile maximum) ou l’humidité stagnante
Fertilité
Si l’amandier porte un nombre de fleurs très important seulement 1 sur 3 donnera un fruit car pour la plupart des variétés les fleurs sont allogames, c’est-à-dire auto-incompatibles : les fleurs d’un arbre ne peuvent être fécondées que par du pollen provenant d’un individu appartenant à une autre variété. Pour assurer la fécondation des fleurs, il faut planter plusieurs variétés. Quelques variétés sont auto-fertiles et peuvent être plantées en solitaire.
Si vous plantez en région froide, la fleur craignant le gel, choisissez une variété à floraison tardive. L’amandier fleurissant a une époque où il y a peu d’insectes, positionnez bien vos arbres en fonction du vent.
Porte greffe
- En sols secs, pierreux, légers, profonds, calcaires : Franc (amande douce ou amère) très longévif, très résistant à la sécheresse. Système radiculaire pivotant, convient bien à toutes les variétés.
- En sols secs et calcaire GF677 qui par sa qualité a permis le développement de la culture de l’amandier tant en conditions d’irrigation que de non irrigation. De plus ils présentent une meilleure aptitude à la transplantation tout en conservant les particularités de l’amandier franc (longévité, résistance à la chlorose, à la sécheresse).
Le phénomène d’hétérosis (vigueur hybride) est remarquable et est surtout marqué dans les sols pauvres ou après replantation. En sol riche et filtrant, il convient de réduire la fertilisation, car le développement végétatif peut devenir trop important. Le GF677 est le plus utilisé ; il n’est pas résistant aux nématodes mais présente une plus grande tolérance à l’asphyxie racinaire. Il est très résistant à la sécheresse.
4 – Principales variétés d’amandier
Fruits à coque tendre
| Variété | Date de floraison et de récolte | Qualité du fruit | Qualité de l’arbre |
|---|---|---|---|
| Ardéchoise | Floraison précoce. Maturité en septembre. Pollinisé par Princesse. | Fruit allongé à coque semi-tendre. | Port érigé, peu ramifié et de bonne vigueur. Rendement moyen. Résistant aux maladies. |
| Aï | Floraison très tardive en mars. Pollinisé par Texas, Ferranes®. | Coque ronde et amandon allongé, aplati. Se mange aussi en vert. | Arbre vigoureux à port très ouvert. Résistant aux maladies. |
| Princesse | Floraison tardive début mars. Pollinisée par Ardéchoise, Aï, Princesse. | Très bon goût de pistache. Utilisé dans les calissons d’Aix. | Rendement moyen. Très populaire dans le nord et l’est. |
| A la Dame (Sultane) | Floraison en février. | Fruit moyen, amandon de saveur douce. | Arbre de bonne vigueur. |
| Ferragnes® | Floraison très tardive en mars. | Amandon clair à goût sucré. | Création de l’INRA. Forte productivité. Port vigoureux |
Fruits à coque dure
| Variété | Date de floraison et de récolte | Qualité du fruit | Qualité de l’arbre |
|---|---|---|---|
| Ferraduel® | Floraison très tardive en mars. Maturité à la mi-septembre. Pollinisé par Ferragnes® | Amandon sans la peau, à goût sucré aux nuances de mie de pain. | Création de l’INRA. |
| Ferrastar® | Floraison très tardive en mars. Maturité à la mi-septembre. Pollinisé par Ferraduel®, Ferragnes®, Ferralise , Texas. | Gros fruit en forme de cœur. | Création de l’INRA. Arbre de très grande productivité. Résiste au coryneum et à la tavelure. |
| Lauranne® | Floraison tardive. Autofertile. Maturité début octobre. | Production régulière d’amandons très utilisés dans l’industrie. | Création de l’INRA, la plus cultivée en France après Ferragnes®. |
| Berraude dure (Caillasse) | Floraison précoce à mi-saison. Maturité septembre. Autofertile Originaire du Vaucluse. | Fruit de grande taille avec coque très dure, l’amandon est large et plat. Très appréciée des chocolatiers | Rendement assez faible au cassage (24 à 25%) |
Amandier pour Balcon
| Variété | Date de floraison et de récolte | Qualité du fruit | Qualité de l’arbre |
|---|---|---|---|
| Prunus tenella Garden price® | Fleurs roses tardives. Feuilles étroites luisantes de 8 cm de long. Autofertile. | Fruits à coque tendre, d’une grosseur normale. | Floraison non sensible aux gelées. Arbre nain de 1 m de haut pour bac ou pleine terre. |
Amandier d’ornement
| Variété | Date de floraison et de récolte | Qualité du fruit | Qualité de l’arbre |
|---|---|---|---|
| Amandier de Chine Prunus triloba ‘Multiplex’ | Fleurs rose tendre en pompons serrés, en mars-avril. | Pas d’amande | Buisson de 1,50 à rabattre après la floraison. |
| Prunus glandulosa ‘Alba Plena’ | Manchons de fleurs blanches en pompons en avril-mai. | Pas d’amande | Buisson de 1m en tous sens. |
| Prunus tenella ‘Fire’ | Fleurs rose vif. | Pas d’amande comestible | Hauteur 80 cm sur 1 m de large. Originaire des Balkans. |


